Historique


La création de La Paternelle

L’intuition du fondateur Frédéric-Auguste Demetz

L’histoire de l’association La Paternelle et de son établissement le Village des Jeunes de Mettray est riche, commençant par la création d’une « colonie pénitentiaire agricole » afin d’éviter l’emprisonnement de mineurs délinquants, en structurant leur éducation par l’apprentissage des métiers de l’agriculture et de l’artisanat agricole. Le site de la colonie abritait également la première école de formation d’éducateurs de France, appelés à l’époque, contremaîtres. Frédéric-Auguste Demetz, magistrat, conseiller à la Cour de Paris créa la Société La Paternelle en 1839, en parallèle avec la mise en place de la « colonie agricole pénitentiaire ».

Ses convictions sont importantes, inscrites dans une vision humaniste et réformiste comme dans l’ambition éducative, visant l’émergence de la personnalité unique de chaque jeune accompagné :

« L’homme naît bon, la société le corrompt », disait moins d’un siècle plus tôt J.-J. Rousseau. Pour Frédéric-Auguste Demetz, il faut aller plus loin en permettant au jeune de retrouver sa personnalité en se bonifiant : « il faut amender le garçon par la terre et la terre par le garçon », cette conviction à l’origine des colonies agricoles du XIXe siècle est ainsi reprise mais avec des visions spécifiques (des groupes de vie conçus comme des « familles », l’accès au « savoir », l’absence de muraille, un travail moralisateur) pour la mise en place de la première de ces colonies agricoles.

Le soutien du vicomte de Courteilles

Convaincu par Frédéric-Auguste Demetz, le Vicomte Brétignères de Courteilles fait don à l’association des terrains sur lesquels s’implanteront les activités de l’association, et s’investira lui aussi dans cette œuvre pendant 34 années, jusqu’à sa mort, en co-dirigeant l’établissement qui a été créé et qui sera sa dernière demeure : « j’ai voulu vivre, mourir et ressusciter avec eux » seront les derniers mots de son testament.

La création de la colonie agricole en 1839

La colonie agricole sera donc créée, dans la foulée de la Société, et ouverte en 1840. 700 colons y sont accueillis en permanence, des jeunes délinquants ou connus pour leurs grandes difficultés de comportement. Ainsi, une comptabilité établie en 1864 indiquait que l’établissement avait déjà rendu 1813 enfants à la société, 1053 venus de milieux urbains, 760 de milieux ruraux : 870 sont partis pour devenir agriculteurs, 420 comme ouvriers, 523 pour leur service militaire (la plupart menant ensuite une carrière, souvent plus qu’honorable, dans l’armée).

La mise en place de la Maison paternelle en 1855

L’établissement ouvre également, en 1855, une section spécifique, destinée à des jeunes originaires de familles aisées, mais montrant des difficultés dans l’acceptation de l’autorité paternelle. Cette « maison paternelle » conçue comme un lieu éducatif supplétif pour des jeunes « récalcitrants » est ainsi une aide à la fonction parentale (paternelle à l’époque). Cet accueil se faisait en parallèle avec celui des jeunes délinquants, accueillis à la colonie.

Les fondements du projet

Le projet de la Paternelle était éminemment éducatif : point de sentinelles, de murs, d’approche répressive, mais au contraire une approche éducative s’appuyant sur plusieurs fondements :

  • La vie de groupe avec implication des éducateurs dans une « famille »
  • Le travail agricole et la recherche de vertus rééducatives de l’activité
  • Le rythme rigoureux de vie
  • Le travail scolaire et la recherche d’une réelle pédagogie d’accès au savoir
  • La morale rigoureuse, irriguant les comportements, les règles et les discours des adultes éducateurs comme des jeunes
  • La valorisation de l’effort
  • L’insertion dans la société à la sortie

Voici un ouvrage intéressant sur l’histoire de la colonne agricole et pénitentiaire de Mettray.